Vaccination, pourquoi tant de défiance. Une leçon d’histoire !

Les bases de la vaccination moderne remontent probablement à Thucydide au Vème siècle avant JC . C’est ce dernier qui observa que les personnes ayant survécu à la variole étaient protégées lors d’une nouvelle épidémie. Mais ce n’est qu’au XIème siècle en Chine que la lutte contre cette maladie s’organisa. L’idée a été de mettre en contact un homme sain avec les sécrétions supposées contaminantes, d’un homme malade avec l’espoir que l’homme sain  développe une défense contre cette maladie. C’était une hypothèse un peu folle à une époque où on ne parlait pas du tout de système immunitaire. Le premier ministre chinois, Wang Dan, après la perte de son fils mort de la variole, fit mettre au point cette technique dite « de variolisation ». Cela consistait à inoculer par voie nasale le contenu des vésicules d’un malade à une personne bien portante et ainsi lui permettre de développer des défenses contre la maladie.

Extraordinaire avancée scientifique qui arriva en Europe occidentale dès le XVIIIème siècle. C’est François de la Rochefoucauld qui rapporta la méthode en France (ce qui lui valut la légion d’honneur en 1810).

Ce progrès de la médecine  va s’accompagner d’un malentendu. Destiné à la population générale lourdement frappée par la petite vérole, ce sont les esclaves qui vont être massivement variolisés. L’objectif était de préserver une force de travail et un bien économique. Pratiquée de façon autoritaire, la variolisation avait pour but d’apporter une très bonne protection à cette malheureuse population avec le risque de faire une variole grave ou d’autres maladies comme la syphilis!

La question du bénéfice par rapport aux effets secondaire apparaît.

En 1775, Edward Jenner remarqua que les personnes travaillant au contact de vaches malades de la « vaccine »  étaient alors protégées contre la variole. Nous savons aujourd’hui que l’agent responsable de la vaccine des vaches est un virus proche du virus de la variole (famille des Orthopoxvirus)

La vaccination est née qui va bouleverser la santé de l’humanité, surtout celle des personnes habitant les pays les plus riches.

Un comité de la vaccination (ancêtre du Comité Technique des Vaccinations ?) voit le jour présidé par Joseph Ignace Guillotin. (médecin humaniste qui a inventé une machine pour éviter la souffrance des condamnés à mort et qui a regretté toute sa vie que son nom soit accolé à cette instrument) Cette structure a pour mission de redorer l’image de la vaccination : vaste chantier, car rapidement la suspicion va s’emparer de la population.

Avec la modernité, l’intérêt collectif disparait et le risque individuel va occuper le devant de la scène.

Au cours du XIXème siècle, les autorités chercheront à convaincre de l’utilité de la vaccination surtout pour maintenir une population importante afin de répondre aux pertes des guerres Napoléoniennes. La communication est désastreuse, dogmatique et teintée d’angélisme. Au lieu de reconnaître les effets secondaires rencontrés et tenter d’y remédier, les autorité de santé vont s’enfermer dans leur certitude. Voilà probablement la naissance des premières ligues anti-vaccinales.

Le temps passe mais l’histoire a tendance à se répéter. La communication sur les bénéfices des vaccins reste parcellaire et même anxiogène quand le public apprend qu’un laboratoire n’a pas transmis toutes ses informations ou que les autorités sanitaires ont été influencées par des pressions politiques.

Cette communication désastreuse aura eu son heure de gloire pendant la campagne vaccinale de la pandémie 2009. La ministre de la santé d’alors, en pleine élections régionales, avait décidé d’offrir un vaccin à tous les français sans aucune explication. Seulement un argumentaire simpliste, manichéen et culpabilisant pour ceux qui refusaient le vaccin.

Cette communication désastreuse a créé les pires phantasmes au sein de la population. « Le vaccin inocule la grippe, le virus pandémique n’existe pas … »

De nombreux experts se sont exprimés mais leur voix n’était plus crédible. La preuve, ils ont pu travailler pour l’industrie … La parole scientifique est par définition suspecte !

Bien mieux que l’homéopathie, qui n’a jamais prouvé quelque efficacité aux dilutions infinitésimales de principes actifs, la vaccination a protégé des millions et des millions de personnes de très graves maladies à commencer par la variole, le tétanos, la rage, la poliomyélite …

Le monde médical doit rapidement repenser la communication autour de la vaccination auprès du grand public, abandonner son discours lénifiant pour privilégier une réelle information indépendante de l’industrie et validée par les scientifiques.

Avec les incertitudes inévitables qui en découleront mais qui doivent être exprimées afin de redonner une valeur à la parole des experts.

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