RSA, solidarité ou assistanat ?

Les gens qui bénéficient du Revenu de Solidarité Active (ou RSA) gagnent peu d’argent. Cette affirmation est souvent mise en doute, nourrissant l’argumentaire de ceux qui dénoncent une société d’assistés. Cet argent, versé aux plus démunis, représenterait-il le comble de l’injustice : le financement de l’oisiveté par le travailleur ?

Quelques définitions et certains chiffres vont nous être utiles pour répondre à cette question.

Le RSA fait suite au RMI mis en place par le gouvernement Rocard. Financé par le département, le RSA permet de protéger de la très grande pauvreté des personnes sans ressource ou bien ne percevant qu’un revenu très faible.

Le RSA socle, destiné aux personnes sans ressource, est en moyenne  de 475 euros par mois. Le RSA actif, pour les personnes recevant un salaire faible, est en moyenne de 165 euros. En France, plus de 1,8 millions de personnes en bénéficient.

L’argent que reçoivent les bénéficiaires du RSA participe au moteur économique de notre société. Cet argent, si mal perçu pour certains esprits chagrins, ne va pas alimenter les palaces à l’étranger ou la spéculation immobilière, mais être dépensé dans les biens de consommation courante et le loyer des logements. Son impact sur la consommation est certain. Il y a fort à parier que sa réduction risquerait de fragiliser l’économie et d’aggraver la crise actuelle.

Une des difficultés est le faible écart qui existe entre le RSA et le salaire minimal. On verse à beaucoup de  travailleurs un salaire peu différent du minimum pour vivre. Sous payer les travailleurs est la première étape de la dévalorisation de la valeur travail. La valeur travail doit se traduire par une juste rémunération.

Il faudrait élargir l’assiette des cotisations sociales aux intérêts du capital afin de réduire le coût du travail et augmenter le revenu des travailleurs.

2 Comments

  • Merci de redonner tout son sens à la notion de solidarité.
    Dans une société individualiste et du « chacun pour soi », la droite libérale, représentée dans le canton de FONTAINE-LES-DIJON par son conseiller général UMP, en substituant à cette notion de solidarité celle, péjorative, d’assistanat, culpabilise les accidentés de la vie, ceux qui pour des raisons diverses et, majoritairement, malgré leur travail ont du mal à vivre décemment : c’est honteux.
    La politique menée au niveau national par l’UMP accentue chaque jour ces difficultés pour les plus défavorisés et c’est particulièrement vrai en milieu rural.
    Cette solidarité que l’on retrouve, chez nous en Côte-d’Or, dans des sociétés d’entraide de « La Saint Vincent », est la marque d’une société humaniste dans laquelle l’Homme compte plus que tout. La solidarité c’est la fraternité, la cohésion et la justice sociale, c’est la liberté. Ce sont ces valeurs que le Conseil National de la Résistance avait mis au cœur de son action pour élaborer un système que le pouvoir actuel détricote méthodiquement.
    Aujourd’hui, le parti socialiste et singulièrement en Côte-d’Or, le Rassemblement des Forces de Progrès qui vous soutiennent, sont les seuls à proposer, dans cette campagne électorale pour les élections cantonales qui débute, une politique qui protège.

  • Les bénéficiaires du Revenu de solidarité active (RSA) doivent déclarer le montant de leur «épargne disponible». Ensuite, 3% de ce montant – même modeste – est déduit de leur allocation. Un vrai scandale.

    Avant qu’on ne l’appelle RSA, le RMI était attribué en fonction des ressources du foyer : salaires, indemnités journalières, pensions et rentes… etc, déclarées trimestriellement. Etaient aussi considérés comme ressources les intérêts issus des placements bancaires non défiscalisés : ceux du Livret A ou du Livret d’épargne populaire n’en faisaient partie, puisque non imposables.

    Désormais, avec le RSA, c’est l’ensemble de la petite épargne – réglementée ou non, défiscalisée ou non – qui doit être déclaré et taxé.

    Ainsi, une personne qui a reçu une indemnité de licenciement et l’a placée sur un Livret A, une personne dans la mouise qui a bénéficié d’un don de sa famille et l’a mis sur son LEP, une personne qui avait prudemment contracté une assurance-vie avant de sombrer dans l’exclusion professionnelle ou bien ouvert un compte d’épargne destiné à son enfant mineur, est désormais sanctionnée par l’amputation drastique de son allocation mensuelle.

    En France, le Smic ne permet déjà pas de vivre : c’est pareil pour les minima sociaux. Ceux qui disposent d’un matelas de sécurité l’utilisent, dans le meilleur des cas, pour faire face aux impondérables; dans le pire, ils le grignotent en se versant un complément mensuel afin de subsister, une fois le loyer réglé…

    Mais en France le RSAste, qui n’est plus un citoyen comme les autres, n’a pas le droit d’avoir quelques sous de côté : qu’il ait été prévoyant ou chanceux, au nom de l’égalité entre les pauvres, ses «capitaux» (car c’est considéré comme tel) doivent être taxés à hauteur de 3%… alors que les intérêts de la petite épargne sont loin d’atteindre ce taux actuellement !

    Or la CAF, dans ses formulaires de DTR, ne fait absolument pas la distinction entre les capitaux productifs de revenus et les autres. Elle applique indifféremment la règle des 3% à toute l’épargne déclarée par l’allocataire, même celle qui produit beaucoup moins de 3% d’intérêts par an. Il y a là un abus de droit manifeste, voire un délit pénal.

    Forfait logement : l’autre taxation

    Le loyer est le poste qui pèse le plus lourd dans le budget des défavorisés. Imaginez l’enfer pour les minima sociaux qui, avec leur aumône de 460 € par mois, doivent choisir entre manger ou se retrouver à la rue.

    En ce qui concerne les 95% de RSAstes qui ont la chance d’avoir encore un toit sur la tête et perçoivent de ce fait une aide au logement, on ampute mensuellement leur allocation d’un forfait qui s’élève, par exemple, à 55 € pour une personne seule (soit 660 € par an de revenu en moins : c’est toujours ça d’économisé pour la CAF !). En attendant, les Français instruits par les médias traditionnels sont persuadés que le RSA est à 455 € par mois alors que c’est un montant maximum qui ne concerne que 5% de ses bénéficiaires, les autres étant soumis depuis des lustres au fameux «forfait logement» – qui ramène leur allocation à 400 € – et, maintenant, à cette taxation sur l’épargne qui la rogne d’autant.

    Pourquoi spolier les victimes de la crise, les plus durement touchées qu’on flique et qu’on accule? Il faut que cela cesse !


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