Référendum national à toutes les sauces !

L’histoire Française est remplie de référendums.
En effet, le premier référendum apparait en 1793 pour l’adoption de la première constitution dite Jacobine (mais jamais appliquée cqfd). C’est 1.801.918 suffrages masculins qui l’approuvent contre 11.610. Quelle victoire, quoique … Le vote s’est fait de façon publique et orale avec plus de 4.300.000
abstentionnistes !
Napoléon 1er va l’utiliser à son service en le transformant en plébiscite.
Napoléon III va légitimer le second empire par un référendum les 21 et 22 décembre 1851.
Sous la III ème République, le processus référendaire va servir d’outil au service du pouvoir.
En 1958, le Général de Gaulle va lui donner ses lettres de noblesse au sein de la V ème République. Mais rapidement certains y verront un instrument d’autoritarisme par la dérive
vers un plébiscite qu’il en est fait !
Les temps changent, pas les mauvaises habitudes.
Actuellement, il est de bon ton, pour beaucoup de politiciens, de vouloir un référendum sur chaque question de société.
L’extrême gauche aspire à une forme de démocratie directe où les peuples seraient interrogés beaucoup plus souvent.
Le recours au référendum est justifié par une insuffisante prise en compte des opinions populaires. Ils mettent en doute la démocratie parlementaire. Nos représentants élus sont suspects de passivité et de complaisance avec le pouvoir voir de complicité avec la droite. Pour cette gauche, la phrase de
Dutronc: « On nous cache tout, on nous dit rien » serait toujours d’actualité. La voix du peuple ne peut qu’être souveraine dans une démocratie !!
Cette hypothèse, un peu surprenante, est éminemment démagogique. Pourquoi le plus grand nombre aurait raison ?. La majorité n’a pas forcément raison. Elle est juste
majoritaire. C’est l’intérêt du plus grand nombre qui s’exprime et non la justesse d’un point de vue.
La peine de mort ou l’IVG ne serait toujours pas d’actualité si on avait demandé au peuple son avis !
Le référendum sur le projet de constitution européenne a aussi montré la limite de ce choix. Très largement majoritaire au début de la campagne le « Oui » s’est retrouvé largement
minoritaire dans les urnes. La longueur du projet et son caractère abscons ont retourné l’opinion. Le rejet de Chirac et la démagogie des souverainistes de droite comme de
gauche a fait le reste. Au final, les gens ont voté pour ou contre Chirac et pour ou contre une certaine classe de personnes dites intellectuelles. La grande majorité des électeurs
n’ont pas voté sur le texte.
Un référendum doit être réservé à des questions techniques qui engagent le pays. La question doit être clairement énoncée et indépendante d’un choix politique. Il faut que l’électeur soit informé, qu’il ait compris l’information et que son choix soit impartial pour que son vote soit juste. La difficulté de réunir ces conditions doit limiter son usage.
Et voilà le candidat sortant Nicolas Sarkozy qui appelle aussi de ses vœux un référendum sur l’indemnité des chômeurs ou l’accueil des étrangers. C’est le type même des questions qui doivent relever de choix gouvernementaux mais pas d’un référendum !
Lors de son meeting à Dijon, François Hollande a très justement rappelé les limites du processus référendaire qui ne doit pas être un outil banalisé au profit du pouvoir en place
mais une procédure exceptionnelle par laquelle l’ensemble des citoyens s’exprime sur une orientation constitutionnelle.

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