Prescriptions médicamenteuses, à quoi servent les pharmaciens …

Aux États Unis, le pharmacien remet au patient plusieurs petites boites en plastique toutes identiques contenant chacune le nombre de comprimés nécessaires pour son traitement. Sur chaque boite est collée une étiquette comportant le nom du patient, le nom DCI et le nom commercial du médicament, la posologie et l’horaire des prises.

En France les patients vont sortir de la pharmacie avec des jolies boites de médicaments aux noms très variés. Un même médicament va s’appeler différemment selon le laboratoire qui l’a fabriqué ! Le nombre de comprimés délivrés au patient est en général très supérieur à la prescription.

Cette situation entraîne pour les patients une défiance envers l’efficacité de leur traitement et il est admis qu’avoir confiance dans son traitement aide à mieux le supporter, mieux l’accepter. Cette confiance peut être bénéfique en terme de guérison.

Du fait de la confusion que cette présentation entraîne, les erreurs de prises de la part des personnes âgées principalement sont légion. A 95 ans comment faire le tri devant l’accumulation de ces boîtes de médicaments avec des noms ou des couleurs qui varient. Boite de 28 ou de 30 comprimés voir de 90 pour certains molécules.

La préparation des piluliers nécessite une auxiliaire de santé avec parfois des erreurs.

Les ordonnances des médecins sont trop souvent illisibles ou réduites à un message de style télégraphique.

Le pharmacien ne fait souvent guère mieux en griffonnant la posologie sur les boites.

Enfin en cas d’intervention d’urgence au chevet du patient quel médecin n’a pas rencontré des difficultés à identifier le traitement réellement pris devant une montagne de boites de médicaments dont on  se sait pas si c’est le traitement du patient, du conjoint, ou les anciennes boîtes du précédent traitement …

Les français sont les troisièmes plus gros consommateurs de médicaments du monde, sans bénéficie pour leur santé bien au contraire. Le coût des effets indésirables  est énorme. Ils sont inquiets voir suspicieux, pensent majoritairement qu’on ne peut pas faire confiance aux laboratoires trop préoccupés par leur bénéfice, ce qui n’est pas forcément faux au vu des derniers scandales du type MEDIATOR …

Le bon usage du médicament est un chantier énorme où d’importantes économies pourraient être réalisées. On en est réduit à payer les médecins (P4P) pour prescrire des médicaments génériques  et verser aux pharmaciens une prime en fonction du pourcentage de génériques délivrés !!   Ce coût est énorme pour la collectivité.

Il faut pour cela contrer le lobbying éhonté exercé par les laboratoires à l’hôpital comme en médecine de ville ou auprès de nos élus.

Trois pistes doivent être explorées.

Tout d’abord, le travail du pharmacien qui doit être responsable de la bonne prise du médicament. Cela suppose un dialogue avec le patient pour détailler le mode de prise du traitement.

Deuxièmement, une remise en cause de la quantité de médicaments prescrits par le médecin. Combien sont utiles ? Nos ordonnances pourraient être réduites de moitié si elles n’étaient pas le gage, dans l’inconscient collectif, de guérir plus rapidement …

Enfin, arrêtons ce débat entre générique et produit de marque. Les patients, comme les médecins, sont exaspérés par cette discussion sans fin bien loin d’un meilleur soin. Le pharmacien nous rappelle l’obligation (débilitante) d’écrire à la main “non substituable“ en face de chaque médicament quand le patient veut un nom de marque. Car les médicaments non génériqués sont bien vendus dans les pharmacies et le patient peut parfaitement demander à en bénéficier. Les prescripteurs n’auraient qu’à écrire le nom des produits en DCI et le pharmacien s’obligerait à délivrer toujours le même médicament au patient. Pour le prix, une règle simple. Le  princeps est vendu une certaine somme, afin de permettre aux laboratoires d’amortir leurs recherches, puis une fois la molécule tombée dans le domaine publique,  l’état fixe un prix unique de remboursement.

Enfin le seul dialogue utile aux patients se fera sur la pertinence de la prescription et non plus sur la couleur du comprimé !!

 

 

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