Pourquoi une demande d’euthanasie ?

Fin de vie ?

Aujourd’hui, la prise en charge de la fin de vie se heurte à des passions qui prennent la place d’un juste et digne débat de société.  Il faut redéfinir quelques vérités.

Axel Kahn, lors d’un colloque le 27 janvier 2012 à Dijon, a dit que l’euthanasie est une atteinte à la liberté individuelle. Pour lui, la personne en fin de vie, qui demande au médecin l’euthanasie, s’interdirait d’avoir un autre choix. Mais peut-on avoir un choix au moment de mourir. Une vie insoutenable, sauf à être mis dans un état végétatif par les calmants, et la mort certaine, dans les jours qui viennent, laisse-t-elle une place à la liberté ?

La demande d’euthanasie est souvent perçue comme une alternative aux soins palliatifs alors que c’est tout le contraire. Une législation sur l’euthanasie ne peut  s’envisager sans un développement des soins palliatifs. La prise en charge des patients en fin de vie a d’abord besoin  d’une équipe de soin en nombre suffisant et bien formée. Et ce n’est qu’après une prise en charge pluridisciplinaire bien conduite que la décision de répondre à une demande d’euthanasie peut être envisagée.

Une partie de la population et du corps médical pense que le médecin n’a pas fait des études pour aider à mourir. Notre art ne peut s’exprimer que par une action de soin vers la guérison. Accompagner la vie d’un patient vers la mort ne relève plus de notre engagement. Et, pour les plus cyniques, si le patient veut abréger les derniers moments d’une vie où domine la souffrance, alors qu’il y mette fin lui même !

L’homme n’a pas le droit de tuer. Mais qui parle de tuer ? La guerre tue, mais le soldat est protégé par la société, s’il  agit dans les règles militaires. L’assassin tue, mais la société le condamne. L’euthanasie ne tue pas un homme mais aide à mourir dignement un malade qui subit dans la douleur ses derniers instants de vie.

Frappée par la maladie ou lors d’un accident, notre existence peut basculer  vers une lente agonie parfois insupportable. Encadrée par la loi Léonetti, la médecine moderne et ses nombreuses thérapeutiques à visée antalgique,  permettent de soulager le patient même si cela devait entrainer sa mort.

Mais exceptionnellement, si le patient est atteint d’une maladie incurable, la mort ne surviendra qu’après d’interminables souffrances. La dignité de l’individu va disparaître au profit d’un état végétatif, en pire. Un légume peut être beau, sentir bon et s’épanouir au soleil. Pas une personne qui attend que la maladie, la déshydratation, la dénutrition ou l’étouffement, entraine sa mort.

L’euthanasie n’est pas faite pour raccourcir la vie mais pour aider à mourir.

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