Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron

Une partie de mes anciens camarades socialistes me reproche d’abandonner mes idées en soutenant Emmanuel Macron.
Mais quelles sont ces fameuses idées de gauche que j’aurais trahies en adhérent au mouvement “en marche“ ?
C’est une posture largement répandue chez de nombreux militants de gauche. Ce débat est récurant chez les socialistes. On peut le résumer à une question : que veut dire être de gauche ?
Longtemps, l’appartenance à un parti politique était suffisante pour légitimer son engagement politique. On se retrouve en réunion de section, en conseil fédéral ou en assemblée générale. Entre soi, on débat sur certaines idées, on s’invective sur les investitures mais toujours on est persuadé qu’on est de gauche. La preuve, on soutient la veuve et l’orphelin … même si parfois les actes politiques, les prises de position ou la manière de vivre du militant étaient en complète contradiction avec le dogme énoncé par le parti. La lutte contre les inégalités et le rôle central de la puissance publique sont l’alfa et l’oméga de la pensée de gauche et donc forcément absent pour les gens qui votent à droite …
Grave erreur et grande hypocrisie. Se battre contre les inégalités n’est pas l’apanage d’un bord politique. Le penser est une caricature manichéenne qui réduit la société à deux camps. D’un coté les gentils, de gauche (…) et de l’autre les méchants, de droite (…)
Beaucoup d’hommes et de femmes de droite, électeurs comme élus, souhaitent faire reculer les inégalités.
Le vrai clivage réside ou plutôt résidait dans les méthodes à mettre en place pour réduire les inégalités et renforcer le rôle de la puissance publique dans la gouvernance. Attention à ne pas utiliser des arguments dogmatiques malheureusement invalidés par l’histoire. Les pays du bloc de l’Est des années communistes ont montré la dangerosité d’une approche dogmatique qui exclut l’initiative individuelle comme le réformisme prôné par les sociaux démocrates n’est pas l’ultralibéralisme de Friedman ou Hayek.
La société a changé et la lutte des classes existe mais pas sur le même modèle qu’au XIXème siècle. Les patrons qui exploitent les malheureux ouvriers ont quitté le monde occidental pour rejoindre certains pays pauvres d’Afrique, d’Amérique centrale ou d ‘Asie. L’Europe, tant décriée par certains à l’extrême gauche comme à l’extrême droite, est une exception dans le monde avec des lois et des règles, imparfaites mais qui empêchent certains excès.
Emmanuel Macron veut dépasser le clivage gauche droite qui est devenu obsolète aujourd’hui dans une société qui doit faire face à un nouvel enjeu qui se nomme mondialisation. Cette mondialisation touche les capitaux et l’économie mais aussi les individus. Ces individus sont des travailleurs mais aussi des migrants et des réfugiés. La fluidité et la vitesse des informations à travers le monde donnent de l’espoir, mais aussi souvent des illusions à d’innombrables personnes en souffrance à travers le monde. Nos sociétés riches doivent se positionner face à ce gigantesque défi.
Certains choisissent le repli quand d’autres cherchent à inventer de nouvelles solutions !!
Marine Le Pen et Jean Luc Mélanchon souhaitent renforcer le protectionnisme des nations contre les étrangers et c’est là que réside le nouveau clivage de la société.

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