Nos patients sont-ils des chiens ?

Salut Gasper, qu’en penses-tu ?

L’affirmation, par Françoise Tenenbaum dans les Echos, qu’une des solutions pour palier au manque de médecins en zone rurale, serait de faire appel aux vétérinaires pour les  soins de premier recours est hallucinante et même choquante. Je pensais que cette idée était isolée et que finalement, il était préférable de prendre le ton de la plaisanterie pour répondre. Cette proposition me semblait être le témoignage d’une parfaite ignorance du travail d’un médecin généraliste comme du vétérinaire et d’une complète méconnaissance de ce qu’est la prise en charge d’un patient en période de garde. De plus, c’est aussi mettre en cause  la dignité des patients en les comparant à des animaux.

Mais l’académie de médecine vient d’élire son président.

Et l’heureux élu, André-Laurent Parodi, est un … vétérinaire ! Dans « Le Quotidien du Médecin » du lundi 09 janvier 2012, ce dernier s’empresse d’évoquer l’intervention des vétérinaires pour « du secourisme d’urgence“ dit-il.

Et de rajouter:  “Cela nécessiterait préalablement la définition d’un cadre contractuel avec, à l’appui, une formation spécifique. Elle pourrait être dispensée au sein des facultés de médecine et validée par un certificat de compétence. L’idée, sous cette forme, n’est pas stupide et je pense qu’elle pourrait rallier des volontaires parmi les jeunes vétérinaires en exercice ».

Ces deux points de vue, dans le fond assez semblables, sont très inquiétants. Face à un vrai problème, les responsables n’hésitent plus à proposer n’importe quoi pourvu que cela apparaisse innovant. L’analyse d’une situation, l’écoute des acteurs, l’avis de la population apparaissent comme une perte de temps.

Leur égarement relève  du roman d’aventure où un groupe de naufragés sur une île déserte doit soigner un des leurs, blessé. Et parmi les naufragés, un vétérinaire, aidé d’un autre compagnon d’infortune transformé en infirmier, apporterait les premiers soins au malade. Et peut-être même, que l’arrière grand père du vétérinaire, lui aussi vétérinaire, lors de la première guerre mondiale, a amputé  de pauvres bougres au fond des tranchés.

La réalité est tout autre. En ce début de XXI siècle, la santé est une des trois préoccupations prioritaires des français. Dans un contexte de contrainte budgétaire, nous devons trouver des solutions innovantes pour une meilleure prise en charge des patients. Ce n’est pas d’une « sous médecine » dont nous avons besoin, mais d’une médecine ambitieuse. Nous devons réfléchir ensemble, tous les professionnels de la santé, au développement de projets innovants. La pénurie de médecins nécessite de revoir certains paradigmes. Développons des coopérations interprofessionnelles afin de mener une réflexion, sans à priori, sur les délégations de compétences.

Les collectivités territoriales, accompagnées de l’État, doivent maintenir certains services publics de proximité et développer un maillage numérique afin d’assurer à tous  un accès internet, indispensable au démarrage de la télémédecine. (élément indispensable pour une meilleure prise en charge des patients éloignés. )

Gardons-nous de solutions simplistes qui peuvent devenir populistes.

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