La prostitution, il est urgent de ne pas légiférer !!

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De bonnes âmes, sûres de leur conviction pour lutter contre l’exploitation des êtres humains, veulent mettre en place une loi pour pénaliser les clients des prostitués (es).

L’idée est d’abord séduisante. Qui n’est pas contre la pauvreté, les inégalités et pour plus de justice. La prostitution n’est elle pas subie par de très nombres femmes et beaucoup d’hommes, imposée par une précarité financière, quand elle n’est pas contrainte par des réseaux de proxénètes. Défendre la prostitution peut apparaître de prime abord comme déplacé, venant d’hommes qui consomment ou aimeraient consommer.

L’exploitation des êtres humains est indéfendable, surtout quand il s’agit de femmes, d’enfants et de personnes fragiles.     Mais le débat n’est il pas réducteur voir simpliste avec cette vision très manichéenne de la prostitution ?

Tout d’abord, définissons ce qu’est la prostitution.

Oui, la prostitution est très majoritairement contrainte, souvent violente, avilissante, sans sécurité avec son flot de maladies sexuellement transmissibles. C’est la prostitution de la pauvreté, de la toxicomanie, de la désocialisation. C’est l’un des plus vieux métiers du monde. Mais ses limites sont floues.

Madame de Pompadour, pour gagner les faveurs de Louis XV, n’a-t-elle pas usé de ses charmes pour obtenir son titre de marquise, avant de devenir mère maquerelle pour le roi !

Les films X font appel à des acteurs et des actrices qui monnayent leur prestation sexuelle. Doit-on pour autant interdire la pornographie.

Enfin, il existe une prostitution librement choisie de femmes généralement jolies, qui va leur permettre de gagner beaucoup d’argent. Quelques politiques ou joueurs de football s’en souviennent amèrement …

Ce n’est pas la prostitution qui pose problème mais l’usage qui en est fait, dans un monde dominé par l’argent, le machisme et la violence.  Vouloir éradiquer la prostitution relève d’un vœu pieux. Légiférer contre, risque d’aggraver sa marginalisation, avec les problèmes sanitaires et d’insécurités qui en découlent.

Arrêtons de penser que la loi ne peut pas mettre un cadre. Imposer des règles est possible. Réfléchissons sans angélisme à une réouverture des maisons closes.

Non, je ne souhaite pas à personne de vivre de la prostitution,

Oui, je suis opposé à une législation répressive hypocrite !!!!

10 Comments

  • Interdire (abolir, pénaliser, le terme importe finalement assez peu), revient dans de nombreux cas à anéantir le rapport gagnant-gagnant, ô combien multiple dans les formes qu’il peut revêtir.
    Le débat est trop intéressant et trop vaste pour le balayer en un commentaire de blog; c’est pourquoi la présente note se contentera de rebondir sur la distinction proposée par Emmanuel DEBOST entre prostitution subie et prostitution choisie.
    En effet, qui gagne ? Qui manipule ?
    – Celui qui, dans le cas de figure étriqué envisagé par Madame VALLAUD-BELKACEM, parvient à forcer l’autre à un rapport sexuel qu’il n’aurait pas voulu?
    – Ou celui (souvent celle d’ailleurs) qui force l’autre à la payer ? Pour la toucher, voire seulement l’exhiber.
    Dans « relation sexuelle tarifée » il y a relation sexuelle, et il y a tarif.
    La ‘’relation sexuelle’’ ne consiste pas exclusivement en une passe faite entre deux. Age, éducation, culture, facilités financières pour ne citer qu’eux, constituent des paramètres influant sur la forme de cette relation sexuelle.
    Quant à la « tarification », elle ne se matérialise pas nécessairement par une somme d’argent. Elle peut parfaitement prendre forme d’un train de vie, d’un avantage économique, professionnel, durable ou non (tout le monde se souviendra de la Putain de la République, quoique l’exemple, plus complexe, soit discutable sur l’effet boomerang et l’identification du (des) vrai(s) manipulateur(s).)
    Vouloir interdire la prestation sexuelle tarifée n’a finalement d’égal que l’hérésie économique que sont les 35 heures.
    On notera d’ailleurs qu’une fois de plus le (même) gouvernement français prend le pli inverse de ses voisins si on en juge par le fait que même pays du secret, Zurich fait fleurir des « drive-in du sexe ».
    Mieux vaut donc mettre un terme aux initiatives malheureuses pendant qu’il est encore temps, et prier Madame VALLAUD-BALKACEM et/ ou ses sbires d’élargir ses (leur) vision des réalités.


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