Elections législatives

Les élections législatives ont été marquées par un très fort taux d’abstention. Ce taux  n’a fait qu’augmenter au fil des scrutins législatifs depuis les années 70! Nous devons nous interroger sur cette désaffection des électeurs.

La représentation politique à l’assemblée est dominée par deux partis qui sont pour la gauche le Parti Socialiste et pour la droite l’Union pour un Mouvement Populaire. Ces deux formations présentent ou soutiennent des candidats dans toutes les circonscriptions. Leur programme respectif est très différent tant au niveau des choix de société que des choix économiques. Mais une chose les réunit depuis très longtemps, c’est l’investiture de candidats déjà élus localement pour les élections législatives.

Le cumul des mandats est une particularité hexagonale. La France est la championne toute catégorie avec plus de 80% des élus au palais Bourbon qui cumulent leur mandat national avec un mandat local. En Angleterre, c’est moins de 3%, en Italie 7%, en Allemagne 24% et la Suède, le plus mauvais pays après  la France, n’est qu’à 35% soit à peine la moitié des Français.

Quelques qu’en soient les raisons historiques, il est toujours amusant d’entendre les députés, la main sur le cœur,  nous expliquer la nécessaire implantation locale pour ne pas être « coupé des réalités de terrain ». Mais quelle est donc cette réalité de terrain ?

La multiplicité des casquettes interdit d’avoir une vie normale. Par contrainte d’emplois du temps surchargés, ils sont pris en charge par des collaborateurs qui préparent les discours, préparent les dossiers,  organisent la vie quotidienne. Pas de souci financier … avant la future réélection. Pas de contrainte matérielle comme faire ses courses, participer aux tâches ménagères, emmener sa voiture en révision, ses enfants à l’école ou aller réserver ses billets de train.

Et une fois élu, le député va travailler … très souvent à sa réélection car très souvent, c’est un professionnel de la politique.

C’est là que le mandat local trouve toute sa valeur. Elu au suffrage universel direct, il doit légitimement penser à son avenir. Cinq ans c’est court. Même si depuis quelques années  en cas de non réélection, les députés, tous bords confondus, se sont accordés cinq ans d’indemnité supplémentaire pour retrouver un emploi.

Aujourd’hui le peuple se méfie de plus en plus des élus qui sont censés les représenter. Le travail du député national devrait être un plein temps au palais Bourbon.  Il travaille pour discuter les lois, les améliorer. Un député n’a pas grand chose à faire dans sa circonscription si ce n’est rendre compte de son travail de représentation nationale. Aujourd’hui, certains y passent le plus clair de leur temps, distribuant de manière partisane de l’argent public par le biais de la « réserve parlementaire ». Ce n’est ni plus ni moins qu’une façon d’acheter les électeurs.

Les français ne sont pas dupes, qui préfèrent aller à la pêche que faire leur devoir civique. Le taux d’abstention aux élections législatives ne cesse d’augmenter offrant un boulevard aux partis populistes.

Il est urgent de réformer le monde politique. La gauche, de manière courageuse, a souhaité inscrire dans la loi une vraie limitation des mandats, réforme indispensable pour redonner au Français le goût de l’engagement politique.  Lors de cette élection législative, de nombreux candidats socialistes, à l’image de Laurent Grandguillaume candidat sur la première circonscription de Côte d’Or, se sont engagés à se consacrer entièrement à leur mandat de député une fois élu.

Le mode de désignation des députés ne doit plus relever d’une élection directe mais d’une élection de liste avec une part importante de proportionnel.

Pour réconcilier les politiques de leurs électeurs, des réformes importantes doivent être mises en œuvre.

Le gouvernement de Jean Marc Ayrault sous la présidence de François Hollande semble avoir pris conscience de l’urgence.

Espérons que nos représentants élus de gauche comme de droite à l’assemblée Nationale et au Sénat seront dépasser leur propre intérêt au profit d’une indispensable modernisation de la pratique politique.

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